Vous mettez de l’argent de côté chaque mois. Votre Livret A se remplit progressivement. Vous avez peut-être aussi une assurance-vie, un plan d’épargne entreprise ou un ancien contrat ouvert il y a plusieurs années.
Sur le papier, vous épargnez.
Mais lorsque je pose cette question :
« À quoi doit précisément servir cet argent ? »
La réponse est souvent moins évidente.
« Pour plus tard. »
« Pour les enfants. »
« En cas de problème. »
« Pour la retraite, peut-être… »
Épargner est une excellente habitude. Mais accumuler de l’argent sans objectif précis ne suffit pas à construire une véritable stratégie patrimoniale.
Votre argent ne doit pas simplement être placé quelque part.
Il doit avoir une mission.
Épargner ne veut pas toujours dire être bien organisée
La plupart des personnes que j’accompagne ne partent pas de zéro.
Elles ont déjà constitué une épargne, parfois importante. Elles mettent régulièrement de l’argent de côté et font attention à leur budget.
Pourtant, cette épargne s’est souvent construite au fil du temps, sans réelle organisation :
- une somme importante conservée sur les livrets
- plusieurs contrats ouverts à différentes périodes
- des versements mensuels mis en place puis oubliés
- une épargne pour les enfants mélangée à celle des parents
- aucun capital clairement identifié pour la retraite
- des placements dont on ne connaît plus réellement le fonctionnement
L’argent est bien présent, mais il n’est pas toujours réparti en fonction des projets de vie.
Une bonne stratégie d’épargne ne consiste pas à chercher le meilleur placement. Elle consiste à mettre le bon argent au bon endroit, pour le bon objectif.
Première étape : protéger votre quotidien
Avant de chercher à faire grandir votre capital, il faut sécuriser votre situation.
Une panne de voiture, une chaudière à remplacer, une baisse temporaire de revenus ou une dépense imprévue ne doivent pas vous obliger à souscrire un crédit ou à récupérer un placement au mauvais moment.
C’est le rôle de l’épargne de précaution.
Elle doit rester :
- disponible rapidement
- placée sur un support sécurisé
- suffisante pour couvrir un véritable imprévu
Mais elle ne doit pas nécessairement représenter l’ensemble de votre épargne.
Certaines familles conservent plusieurs dizaines de milliers d’euros immédiatement disponibles, car cette somme leur procure un sentiment de sécurité.
Cette prudence est parfaitement compréhensible.
Mais une fois le besoin de sécurité couvert, conserver une somme trop importante sur des supports peu rémunérateurs peut ralentir les autres projets : préparer sa retraite, financer les études des enfants, investir ou créer des revenus complémentaires.
La bonne question n’est donc pas :
« Combien faut-il garder sur un Livret A ? »
Mais plutôt :
« De quelle somme ai-je réellement besoin pour faire face aux imprévus et dormir tranquille ? »
Cette somme dépend de vos revenus, de vos dépenses, de votre situation professionnelle, de vos crédits et de votre organisation familiale.
Il n’existe pas un montant universel valable pour tout le monde.
Deuxième étape : donner un objectif à votre argent
Une fois votre sécurité organisée, votre épargne peut être répartie selon vos projets.
Par exemple :
- acheter votre résidence principale
- réaliser des travaux
- financer les études de vos enfants
- préparer un changement professionnel
- anticiper votre retraite
- vous constituer des revenus complémentaires
- transmettre un capital à vos proches
Tous ces objectifs ne se préparent pas de la même manière.
L’argent dont vous aurez besoin dans un an ne doit pas être placé comme celui que vous pourrez laisser travailler pendant quinze ou vingt ans.
Pour les projets proches
Lorsque l’argent doit être utilisé prochainement, la priorité reste généralement la sécurité et la disponibilité.
Il serait peu cohérent de prendre un risque important sur une somme destinée à financer un apport immobilier ou des travaux dans quelques mois.
Pour les projets à moyen terme
Lorsque le projet se situe dans plusieurs années, davantage de solutions peuvent être envisagées.
Il faut néanmoins tenir compte de la date prévue, de votre besoin de disponibilité et de votre capacité à accepter des variations temporaires.
Pour les projets de long terme
Pour la retraite, la transmission ou la constitution progressive d’un capital, le temps peut devenir un véritable allié.
Il permet d’investir régulièrement, de diversifier les placements et d’envisager un potentiel de rendement plus important.
À condition que le niveau de risque soit compris et accepté.
« Je ne veux prendre aucun risque »
Cette phrase revient très régulièrement lors de mes rendez-vous.
Et elle est tout à fait légitime.
Mais derrière cette peur du risque peuvent se cacher plusieurs inquiétudes :
- perdre son argent
- ne pas pouvoir le récupérer
- ne pas comprendre le placement
- faire un mauvais choix
- reproduire une mauvaise expérience passée
Mon rôle n’est pas de vous pousser à prendre davantage de risques que vous ne pouvez en supporter.
Il est de vous expliquer clairement ce qui est garanti, ce qui peut varier, ce qui reste disponible et ce qui nécessite une durée de placement plus longue.
Il faut toutefois garder à l’esprit qu’une épargne totalement sécurisée n’est pas sans conséquence.
Elle protège la somme inscrite sur votre compte, mais elle ne garantit pas que cette somme conservera le même pouvoir d’achat dans dix ou quinze ans.
À l’inverse, chercher davantage de rendement implique généralement d’accepter une part de risque, une durée plus longue ou une disponibilité moins immédiate.
Le bon équilibre repose donc sur quatre éléments :
la sécurité, la disponibilité, la durée et le potentiel de rendement.
Ne commencez pas par choisir un produit
Livret, assurance-vie, PER, PEA, SCPI, immobilier locatif…
Lorsque l’on commence à s’intéresser à son épargne, on découvre rapidement une multitude de solutions.
Mais choisir un produit avant d’avoir défini sa stratégie revient à chercher une réponse avant d’avoir posé la bonne question.
Un placement n’est qu’un outil.
Avant de le sélectionner, il faut déterminer :
- l’objectif à financer
- la durée prévue
- le montant à investir
- le besoin de disponibilité
- le niveau de risque acceptable
- la fiscalité
- la place de ce placement dans l’ensemble de votre patrimoine
Un PER peut être pertinent pour certaines personnes fortement imposées, mais il ne doit pas être ouvert uniquement pour obtenir une économie d’impôt.
Une assurance-vie peut répondre à plusieurs objectifs, mais son intérêt dépend notamment de son ancienneté, de ses frais et de la manière dont elle est investie.
Un investissement immobilier peut contribuer à la constitution d’un patrimoine, mais il doit rester compatible avec votre budget et votre capacité d’endettement.
Ce n’est pas le nom du placement qui fait la qualité de la stratégie.
C’est sa cohérence avec votre situation.
Répartir votre épargne en plusieurs poches

Il est rarement pertinent de vouloir répondre à tous vos objectifs avec un seul placement.
Vous pouvez donc répartir votre épargne en plusieurs grandes catégories.
La poche de sécurité
Elle couvre les imprévus et reste disponible à tout moment.
La poche consacrée aux projets
Elle finance les dépenses prévues au cours des prochaines années.
La poche de développement
Elle a pour objectif de faire progresser votre capital sur une durée plus longue, avec un niveau de risque défini.
La poche de long terme
Elle sert à préparer les grands projets de demain : retraite, baisse de revenus, indépendance financière ou transmission.
Vous n’avez pas nécessairement besoin de ces quatre poches immédiatement.
L’objectif n’est pas de multiplier les comptes et les contrats, mais de rendre votre organisation plus claire.
Vous n’avez pas besoin d’attendre le moment parfait
Beaucoup de personnes repoussent leur décision parce qu’elles pensent ne pas disposer d’une somme suffisamment importante.
Elles attendent une augmentation, une prime, la fin d’un crédit ou une période économique plus rassurante.
Pourtant, une stratégie d’épargne peut commencer avec un montant mensuel raisonnable, puis évoluer progressivement.
L’épargne régulière permet :
- d’installer une habitude
- d’éviter de dépendre uniquement de ce qu’il reste à la fin du mois
- de construire un capital dans la durée
- d’adapter progressivement son effort à ses revenus
L’essentiel n’est pas de commencer avec une somme impressionnante.
L’essentiel est de choisir un montant que vous pourrez maintenir sans fragiliser votre quotidien.
Votre stratégie doit évoluer avec votre vie
Une organisation adaptée aujourd’hui ne le sera pas forcément dans dix ans.
Vos revenus peuvent évoluer. Vos enfants grandissent. Vos crédits diminuent. Votre fiscalité change et de nouveaux projets apparaissent.
Votre stratégie d’épargne doit donc être réexaminée après certaines étapes importantes :
- une naissance
- un mariage ou une séparation
- un achat immobilier
- un changement professionnel
- une augmentation importante de revenus
- un héritage
- la vente d’un bien
- l’approche de la retraite
Il ne s’agit pas de modifier constamment vos placements, mais de vérifier qu’ils répondent toujours à vos besoins.
Par où commencer ?
Prenez quelques minutes pour répondre à ces trois questions :
- Quelle somme doit rester disponible en cas d’imprévu ?
- Quels projets dois-je financer dans les prochaines années ?
- Quelle part de mon argent puis-je laisser travailler à long terme ?
Cet exercice fait souvent apparaître les principaux déséquilibres.
Vous avez peut-être beaucoup d’épargne disponible, mais rien de réellement organisé pour votre retraite.
Vous disposez peut-être de plusieurs contrats, sans savoir quel objectif chacun doit financer.
Ou vous épargnez régulièrement, sans savoir ce que cet effort pourra réellement vous apporter dans quelques années.
C’est précisément le rôle d’une stratégie patrimoniale : donner une direction à votre argent et mettre vos priorités dans le bon ordre.
Et votre épargne, à quoi doit-elle servir ?
Votre argent peut faire bien davantage qu’attendre sur un compte.
Il peut protéger votre famille, financer vos projets, préparer votre retraite, vous offrir davantage de liberté ou transmettre un capital à vos enfants.
Encore faut-il que chaque somme soit placée au bon endroit, pour la bonne durée et avec un niveau de risque que vous comprenez.
Les personnes que j’accompagne n’ont pas toujours besoin d’épargner davantage.
Elles ont souvent besoin de mieux organiser ce qu’elles possèdent déjà.
Vous avez plusieurs comptes ou contrats ? Une somme importante laissée sans objectif précis ? Vous ne savez pas par où commencer ?
Prenons quinze minutes pour faire le point sur votre situation. Vous m’expliquez vos projets et je vous dirai honnêtement si votre organisation mérite d’être approfondie et de quelle manière je peux vous accompagner.
